Ce que Terrienne a noté au fil des jours, dans son carnet

Terrienne est arrivée au Café-Auberge du Nord avec son sac à dos,
son coquillage accroché à la fermeture,
et l’intention simple de faire une pause. 
Elle n’est pas venue pour enquêter,
ni pour comprendre le monde,
encore moins pour apprendre aux autres comment vivre.

Elle est venue s’asseoir, 
écouter, 
regarder,
et noter ce qui se disait 
quand personne ne cherchait à convaincre. 

Au Café du Nord, les paroles circulent autrement.
On y parle vrai, 
parfois à côté, 
souvent trop fort, 
parfois juste.

Les piliers tiennent le comptoir par la voix.

Les vacanciers passent, racontent, espèrent, doutent.

Lucia sert, Pierrot essuie,

et le temps fait son travail. 

Pendant cinq jours, Terrienne est restée là.
Elle a noté ce qui revenait,
ce qui accrochait,
ce qui apaisait,
et ce qui débordait malgré les bonnes intentions. 

Ces pages ne sont ni des comptes rendus,
ni des analyses,
ni des leçons à tirer.
Ce sont des notes de carnet,
prises au fil des jours,
au fil des scènes,
au fil des silences. 


Chaque jour correspond à une atmosphère particulière,
à une promesse entendue,
à une manière d’accompagner,
à une façon d’y croire. 

Il n’y a ici
ni bons élèves,
ni coupables,
ni vérités à adopter. 
Seulement des paroles humaines,
prises dans le réel,
observées depuis un coin de table,
un café tiède entre les mains. 
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