Scène 1
La porte s’ouvre doucement.
Une femme entre, sac en bandoulière, manteau encore sur le dos.
Elle a l’air à la fois soulagée d’être là
et un peu vidée d’avoir trop tenu.
— Je sors de l’atelier. Celui sur le calme. Lucia pose la tasse.
— Et alors ?
— On a respiré.
— Sans savoir pourquoi. Le pilier qui sait tout intervient :
— C’est normal. Ça libère.
— Vous attendiez quoi, exactement ?
— Ça, on ne me l’avait pas dit.
La porte s’ouvre doucement.
Une femme entre, sac en bandoulière, manteau encore sur le dos.
Elle a l’air à la fois soulagée d’être là
et un peu vidée d’avoir trop tenu.
Lucia lève les yeux.
— Bonjour. Qu’est-ce que je vous sers ?
— Bonjour. Qu’est-ce que je vous sers ?
La femme hésite.
— Un café… oui. Un café, ce sera bien.
— Un café… oui. Un café, ce sera bien.
Lucia lance la machine, puis, sans insister mais sans détour :
— Vous avez l’air fatiguée.
— Vous avez l’air fatiguée.
Ce n’est pas une question.
Plutôt une invitation.
Plutôt une invitation.
La femme souffle.
— Oui… enfin… pas que fatiguée.
— Oui… enfin… pas que fatiguée.
Un peu remuée.
Elle s’assoit.
— Je sors de l’atelier. Celui sur le calme. Lucia pose la tasse.
— Et alors ?
— C’était… apaisant. Enfin, sur le moment.
Elle cherche ses mots.
Elle cherche ses mots.
— On a respiré.
On nous a dit de laisser passer les pensées.
J’y arrivais presque.
J’y arrivais presque.
Et puis d’un coup… j’ai pleuré.
Elle rit, gênée.
— Sans savoir pourquoi. Le pilier qui sait tout intervient :
— C’est normal. Ça libère.
Celui qui ne sait rien mais dit tout ajoute :
— Le stress, ça sort comme ça, d’un coup.
— Le stress, ça sort comme ça, d’un coup.
Le naïf enthousiaste hoche la tête.
— C’est bon signe, ça travaille.
— C’est bon signe, ça travaille.
La femme regarde sa tasse.
— Oui… sauf qu’après, je ne me sentais pas vraiment calme.
Plutôt… ouverte. Trop ouverte.
— Et quand je suis sortie, tout est revenu. Le bruit, les gens…
Je me suis demandé si je faisais mal.
— Oui… sauf qu’après, je ne me sentais pas vraiment calme.
Plutôt… ouverte. Trop ouverte.
— Et quand je suis sortie, tout est revenu. Le bruit, les gens…
Je me suis demandé si je faisais mal.
Lucia essuie le comptoir.
— Vous n’avez rien fait de mal.
Puis, simplement :
— Vous n’avez rien fait de mal.
Puis, simplement :
— Vous attendiez quoi, exactement ?
La femme réfléchit.
— Je crois que j’espérais… que ça s’arrête.
Juste un peu.
— Je crois que j’espérais… que ça s’arrête.
Juste un peu.
Personne ne répond tout de suite.
Pierrot lève les yeux de son verre.
— Le calme, c’est pas toujours du silence. Parfois, c’est juste moins de mensonges.
— Le calme, c’est pas toujours du silence. Parfois, c’est juste moins de mensonges.
La femme sourit.
Un vrai sourire, cette fois.
Un vrai sourire, cette fois.
Elle boit son café.
— Ça, on ne me l’avait pas dit.
Au fond de la salle, Terrienne note.
Elle sourit aussi.
L’Écho lui glisse que le calme promis ressemble souvent
à ce qu’on évitait de regarder.
Elle sourit aussi.
L’Écho lui glisse que le calme promis ressemble souvent
à ce qu’on évitait de regarder.
Elle a connu ça.
Elle connaît encore.
Elle connaît encore.
