Scène 1

La porte s’ouvre doucement.
Une femme entre, sac en bandoulière, manteau encore sur le dos.
Elle a l’air à la fois soulagée d’être là
et un peu vidée d’avoir trop tenu. 

Lucia lève les yeux.
Bonjour. Qu’est-ce que je vous sers ? 
La femme hésite.
Un café… oui. Un café, ce sera bien. 

Lucia lance la machine, puis, sans insister mais sans détour :
Vous avez l’air fatiguée. 

Ce n’est pas une question.
Plutôt une invitation. 
La femme souffle.
Oui… enfin… pas que fatiguée. 
Un peu remuée.
Elle s’assoit.

Je sors de l’atelier. Celui sur le calme. Lucia pose la tasse.

Et alors ? 

C’était… apaisant. Enfin, sur le moment.
Elle cherche ses mots.

On a respiré. 
On nous a dit de laisser passer les pensées.
J’y arrivais presque. 
Et puis d’un coup… j’ai pleuré.
Elle rit, gênée.

Sans savoir pourquoi. Le pilier qui sait tout intervient :
C’est normal. Ça libère. 

Celui qui ne sait rien mais dit tout ajoute :
Le stress, ça sort comme ça, d’un coup. 

Le naïf enthousiaste hoche la tête.
C’est bon signe, ça travaille. 

La femme regarde sa tasse.
Oui… sauf qu’après, je ne me sentais pas vraiment calme.
Plutôt… ouverte. Trop ouverte.

Et quand je suis sortie, tout est revenu. Le bruit, les gens…
Je me suis demandé si je faisais mal.
 

Lucia essuie le comptoir.
Vous n’avez rien fait de mal.
Puis, simplement :

Vous attendiez quoi, exactement ? 

La femme réfléchit.
Je crois que j’espérais… que ça s’arrête.
Juste un peu.
 

Personne ne répond tout de suite. 

Pierrot lève les yeux de son verre.
Le calme, c’est pas toujours du silence. Parfois, c’est juste moins de mensonges. 

La femme sourit.
Un vrai sourire, cette fois. 
Elle boit son café.

Ça, on ne me l’avait pas dit. 


Au fond de la salle, Terrienne note.
Elle sourit aussi.
L’Écho lui glisse que le calme promis ressemble souvent
à ce qu’on évitait de regarder. 
Elle a connu ça.
Elle connaît encore.
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