Scène 2
En début d’après-midi, le Café est plus bruyant.
La radio a été montée d’un cran sans que personne ne sache qui l’a fait.
Un homme entre, quarantaine bien tassée, sac posé à la va-vite.
Il a l’air tendu, mais décidé à aller mieux.
— Après, on nous a dit que si on s’entraîne, le calme devient un réflexe.
Il sourit, soulagé.
— C’est rassurant.
— Et quand vous serez de retour chez vous ?
L’Écho lui souffle que le calme est souvent présenté comme une solution,
alors qu’il est parfois juste une pause dans un problème qui reste entier.
En début d’après-midi, le Café est plus bruyant.
La radio a été montée d’un cran sans que personne ne sache qui l’a fait.
Un homme entre, quarantaine bien tassée, sac posé à la va-vite.
Il a l’air tendu, mais décidé à aller mieux.
— Un allongé, dit-il à Lucia.
— Serré ou long ?
— Long.
— Serré ou long ?
— Long.
J’ai besoin que ça dure un peu.
Lucia sourit à peine.
— Vous sortez aussi de l’atelier ?
— Vous sortez aussi de l’atelier ?
— Oui.
Il s’assoit sans enlever son manteau.
— Franchement, ça m’a fait du bien.
Il parle vite.
— J’ai réussi à ne penser à rien pendant au moins… deux minutes.
Il réfléchit.
— Peut-être trois.
Il s’assoit sans enlever son manteau.
— Franchement, ça m’a fait du bien.
Il parle vite.
— J’ai réussi à ne penser à rien pendant au moins… deux minutes.
Il réfléchit.
— Peut-être trois.
Le commentateur sans écran hoche la tête.
— C’est déjà pas mal.
— C’est déjà pas mal.
Aujourd’hui, on est sollicités de partout.
Le méfiant sélectif intervient :
— Faut juste faire attention à ce qu’on vous met dans la tête.
L’homme lève les mains.
— Ah non, moi je fais le tri. Je prends ce qui me parle.
Il boit une gorgée.
— Ah non, moi je fais le tri. Je prends ce qui me parle.
Il boit une gorgée.
— Après, on nous a dit que si on s’entraîne, le calme devient un réflexe.
Il sourit, soulagé.
— C’est rassurant.
Le pilier qui sait tout tranche :
— Comme le sport. La discipline, y a que ça de vrai.
— Comme le sport. La discipline, y a que ça de vrai.
Lucia repose une soucoupe.
— Et quand vous serez de retour chez vous ?
L’homme hésite.
— Ben… je continuerai. Cinq minutes le matin, cinq le soir.
Puis, plus bas :
— Enfin… j’essaierai.
— Ben… je continuerai. Cinq minutes le matin, cinq le soir.
Puis, plus bas :
— Enfin… j’essaierai.
— Et si vous n’y arrivez pas ? demande Lucia, sans insister.
Il fronce les sourcils.
— On nous a dit que c’était normal.
Que ça voulait dire que ça résistait encore.
Il sourit à nouveau.
— Faut persévérer.
— On nous a dit que c’était normal.
Que ça voulait dire que ça résistait encore.
Il sourit à nouveau.
— Faut persévérer.
Le naïf enthousiaste acquiesce.
— Oui, faut pas lâcher.
— Oui, faut pas lâcher.
Pierrot regarde l’homme.
— Et si ce qui résiste, c’est pas le stress… mais votre journée ?
— Et si ce qui résiste, c’est pas le stress… mais votre journée ?
Silence.
Pas long.
Juste suffisant pour que la phrase reste en suspens.
Pas long.
Juste suffisant pour que la phrase reste en suspens.
L’homme rit nerveusement.
— Ah ça…
Il boit son café d’un trait.
— On verra. Il se lève.
— En tout cas, c’est bien d’avoir des outils. Il sort.
— Ah ça…
Il boit son café d’un trait.
— On verra. Il se lève.
— En tout cas, c’est bien d’avoir des outils. Il sort.
La radio continue de parler.
Terrienne note.
L’Écho lui souffle que le calme est souvent présenté comme une solution,
alors qu’il est parfois juste une pause dans un problème qui reste entier.
Ça la fait sourire.
Elle a longtemps collectionné les outils avant de regarder la boîte.
Elle a longtemps collectionné les outils avant de regarder la boîte.
