Scène 3
En fin d’après-midi, le Café est presque vide.
La pluie a commencé sans prévenir.
Un homme entre, capuche encore humide, regard fermé.
— Que ça s’arrête.
— Que mon corps se taise, juste un moment.
Puis il repart sous la pluie.
En fin d’après-midi, le Café est presque vide.
La pluie a commencé sans prévenir.
Un homme entre, capuche encore humide, regard fermé.
— Un café noir, dit-il.
— Bien serré.
— Bien serré.
Lucia le sert.
— Vous avez l’air contrarié. Il souffle par le nez.
— Je sors de l’atelier.
— Vous avez l’air contrarié. Il souffle par le nez.
— Je sors de l’atelier.
Lucia attend.
— Ça n’a pas marché.
Il s’assoit.
— Enfin… pas pour moi.
— J’ai respiré, fait ce qu’on m’a dit.
Et plus j’essayais de me calmer, plus ça montait.
Il s’assoit.
— Enfin… pas pour moi.
— J’ai respiré, fait ce qu’on m’a dit.
Et plus j’essayais de me calmer, plus ça montait.
Le pilier qui sait tout intervient, mécanique :
— Faut laisser faire. Pas forcer.
— Faut laisser faire. Pas forcer.
L’homme secoue la tête.
— Justement. On m’a dit ça aussi.
Mais quand ça ne vient pas, on fait quoi ?
— Justement. On m’a dit ça aussi.
Mais quand ça ne vient pas, on fait quoi ?
Personne ne répond tout de suite.
Le méfiant sélectif murmure :
— C’est pas pour tout le monde, ces trucs-là.
— Peut-être, dit l’homme.
— Ou peut-être que je ne suis pas cassé comme il faut.
— Ou peut-être que je ne suis pas cassé comme il faut.
Lucia pose la tasse devant lui.
— Vous vouliez quoi, en venant ?
— Vous vouliez quoi, en venant ?
Il regarde le café.
— Que ça s’arrête.
— Que mon corps se taise, juste un moment.
Pierrot relève la tête.
— Parfois, quand ça ne se calme pas,
c’est juste que ça a quelque chose à dire.
— Parfois, quand ça ne se calme pas,
c’est juste que ça a quelque chose à dire.
L’homme reste silencieux.
Longtemps.
Longtemps.
— Alors je préfère encore le bruit, finit-il par dire.
Il boit.
— Au moins, je sais faire avec.
Il boit.
— Au moins, je sais faire avec.
Il reste un moment.
Puis il repart sous la pluie.
Terrienne note.
L’Écho lui rappelle qu’on lui a longtemps vendu le calme
comme une récompense,
alors que c’est parfois une conséquence.
L’Écho lui rappelle qu’on lui a longtemps vendu le calme
comme une récompense,
alors que c’est parfois une conséquence.
