Scène 1
Le Café est déjà plein quand Terrienne arrive.
Pas bruyant, mais chargé.
Les phrases commencent avant d’être finies.
Il sourit.
— Très stimulant.
Il s’anime.
— Entre le stress, l’enfance, la société, la spiritualité, la physique…
— Tout se répond.
— Quand on commence à relier, on comprend mieux.
— Moi, par exemple, j’ai compris des choses aujourd’hui.
— Et vous, vous aviez besoin de quoi ?
— Peut-être qu’on me laisse un truc non relié.
— Juste un endroit où je ne comprends pas, mais où je me repose.
Pour l’instant.
Le Café est déjà plein quand Terrienne arrive.
Pas bruyant, mais chargé.
Les phrases commencent avant d’être finies.
Un homme est installé au bout du comptoir.
La cinquantaine, regard vif, voix posée.
Il parle calmement, mais longtemps.
La cinquantaine, regard vif, voix posée.
Il parle calmement, mais longtemps.
— Ce qui est intéressant, dit-il,
— c’est que tout est lié.
— c’est que tout est lié.
Lucia lui sert un café.
— Vous sortez d’où ?
— Vous sortez d’où ?
— De l’atelier.
Il sourit.
— Très stimulant.
Enfin… surtout intellectuellement.
Lucia incline la tête.
— Qu’est-ce qui vous a stimulé ?
— Qu’est-ce qui vous a stimulé ?
— Les liens.
Il s’anime.
— Entre le stress, l’enfance, la société, la spiritualité, la physique…
— Tout se répond.
— Quand on commence à relier, on comprend mieux.
Le commentateur sans écran approuve aussitôt :
— C’est sûr. Rien n’arrive par hasard.
— C’est sûr. Rien n’arrive par hasard.
Le méfiant sélectif renchérit :
— Faut juste faire le tri dans ce qu’on relie.
— Faut juste faire le tri dans ce qu’on relie.
— Exactement, reprend l’homme.
— Chacun pioche ce qui lui parle.
Il boit une gorgée.
— Chacun pioche ce qui lui parle.
Il boit une gorgée.
— Moi, par exemple, j’ai compris des choses aujourd’hui.
— Lesquelles ? demande Lucia.
Il hésite une seconde.
— Disons… que ça m’a éclairé.
— Disons… que ça m’a éclairé.
Le pilier qui sait tout intervient :
— Moi, ça fait longtemps que j’ai fait les liens.
— Moi, ça fait longtemps que j’ai fait les liens.
— Oui, mais là, insiste l’homme,
— c’est plus global. Plus large.
— Ça donne du sens.
— c’est plus global. Plus large.
— Ça donne du sens.
Le naïf enthousiaste sourit.
— C’est rassurant, quand tout s’explique.
— C’est rassurant, quand tout s’explique.
Une femme, assise un peu plus loin, intervient pour la première fois.
Elle a l’air attentive, mais fatiguée.
Elle a l’air attentive, mais fatiguée.
— Moi, j’ai surtout eu l’impression qu’il fallait tout comprendre.
— Relier, relier encore…
— À la fin, je ne savais plus ce que je ressentais.
— Relier, relier encore…
— À la fin, je ne savais plus ce que je ressentais.
Un silence passe.
— C’est normal, dit l’homme.
— Le mental a besoin de temps.
— Le mental a besoin de temps.
Lucia pose une tasse devant la femme.
— Et vous, vous aviez besoin de quoi ?
La femme hausse les épaules.
— Peut-être qu’on me laisse un truc non relié.
— Juste un endroit où je ne comprends pas, mais où je me repose.
Personne ne répond tout de suite.
Pierrot glisse, sans lever les yeux :
— Relier, c’est bien.
— Mais parfois, débrancher, ça aide aussi.
— Relier, c’est bien.
— Mais parfois, débrancher, ça aide aussi.
L’homme sourit poliment.
— Oui, enfin… faut quand même réfléchir.
— Oui, enfin… faut quand même réfléchir.
La radio change de sujet toute seule.
Terrienne note.
L’Écho lui souffle qu’on confond souvent donner du sens
et ne plus supporter le vide.
L’Écho lui souffle qu’on confond souvent donner du sens
et ne plus supporter le vide.
Ça lui rappelle une période où elle reliait tout,
sauf ce qu’elle ressentait vraiment.
sauf ce qu’elle ressentait vraiment.
Elle referme son carnet.
Pour l’instant.
