😵‍💫 😄 😬
      Le « je n’sais rien mais j’dirai tout »

Il ne sait pas.
Il ne cherche pas à savoir.
Il commente. Chaque sujet est une occasion.
Chaque silence, un vide à remplir. 
Il commence souvent par :
« J’y connais rien, mais… »
et finit par une conclusion très ferme. 
Il n’a ni sources,
ni expérience directe,
ni mémoire longue.
Mais il a une opinion immédiate.

Habitat

Un intérieur fonctionnel, vivant, jamais silencieux.
Petit pavillon de banlieue,
fruit d’une vie de patience et de travail laborieux. 
La télévision tourne souvent, même quand personne ne regarde.
La radio parle pendant qu’il parle.
L’information passe, mais ne s’arrête jamais.

Rien n’est creusé.
Tout est entendu.

Signe distinctif

Il parle vite.
Coupe sans s’en rendre compte.
Répète ce qu’il a entendu…
en changeant juste assez pour que ça devienne personnel. 
Il s’excuse parfois d’avance :
« Après, c’est mon avis… »
comme si ça suffisait à le rendre incontestable.

Angle mort révélateur

Il confond parole et existence.
Se taire lui donne l’impression de disparaître. 
Il ne cherche pas à convaincre.
Il cherche à être là. 
Quand quelqu’un apporte un fait,
il répond par une impression.
Quand quelqu’un doute,
il affirme plus fort.
Quand quelqu’un sait,
il change de sujet. 
Ce qui est fascinant avec lui,
c’est qu’il ne manipule rien.

Il amplifie. 

Il est le haut-parleur du brouhaha.

Le vent qui fait tourner les girouettes
sans jamais choisir une direction. 

Au Café du Nord,
Lucia l’écoute sans l’interrompre.

Pierrot lève un sourcil. 

Puis Lucia dit, tranquillement :

« D’accord… et ça, tu l’as vécu ou entendu ? » 

Il hésite.
Il rit.
Il parle d’autre chose. Le calme revient.

Pas par savoir.

Par épuisement du bruit. 

Celui-là est précieux.
Parce qu’il montre que le vacarme
n’a pas toujours besoin de mensonge.
Parfois, le vide suffit.
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