😤 😏 😌
    Le « je sais tout, j’ai tout vu »

Il affirme.
Il n’explique pas.
Il déclare. Chaque phrase est un point final.
Chaque anecdote une preuve irréfutable. Il a « un ami », « un cousin », « quelqu’un qui était sur place ».
Et surtout, il y était avant tout le monde.

Habitat

Une maison pleine d’objets témoins.
Dans son jus, au centre de Brouhaha.
Débordante de souvenirs alignés comme des médailles invisibles.
Rien n’est décoratif : tout a servi.
On y sent le vécu.
Pas forcément la nuance.

Signe distinctif

Il parle fort, lentement,
comme s’il dictait l’Histoire.
Il coupe la parole non par impolitesse,
mais par souci d’efficacité narrative.

Angle mort révélateur

Il confond expérience et compréhension.
Avoir vu avec avoir compris.
Avoir vécu avec avoir raison. Quand quelqu’un doute, il hausse le ton.
Quand quelqu’un nuance, il soupire.
Quand quelqu’un sait vraiment, il ne l’entend pas. Ce qui est délicieux avec lui, c’est qu’il nourrit tous les autres :
– on s’appuie sur lui,
– on le cite,
– on le paraphrase,
– on le relaie. En bref, il ne laisse personne indifférent,
des fois qu’il dirait vrai
— on ne sait jamais —
ou rappellerait un potin croustillant. Au Café du Nord, Lucia le laisse parler.
Pierrot essuie le comptoir. Et quand enfin il s’arrête pour respirer,
Lucia glisse doucement :
« D’accord… et toi, ça t’a appris quoi ? » Silence.
C’est là que le brouhaha se fissure.
Pas par contradiction.
Par déplacement.
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